Bas de page
Sciences Sociales, etc.
: Associations :
Alfred Schütz (auteur)
Epistémologie (thème)
Extraits de textes (type)
Phénoménologie (courant)
Philippe Corcuff (auteur)
Rupture épistémologique ? (thème)
Sociologie - anthropologie - ethnologie (genre)

: Chemins de traverse :
Salon de lecture
.(s) de vue
Comme le disait
Sociovoile

Déplier
Classement... (clic !)

  Une présentation succinte de sa théorie


La sociologie phénoménologique d’Alfred Schütz

Philippe Corcuff, Les nouvelles sociologies, Nathan, 1995, pp. 57-58


D’origine autrichienne, Schütz s’est trouvé à la croisée des préoccupations de la sociologie de Weber et de la philosophie phénoménologique d’Edmund Husserl (1859-1938). À la suite de son exil aux USA en 1939, il se confrontera également, du fait d’un intérêt convergent pour la question de l’action, à la tradition pragmatique de la philosophie américaine (John Dewey, William James ou George Herbert Mead) comme à la sociologie alors dominante de Talcott Parsons (1902-1979). Parmi les apports, principalement théoriques et méthodologiques, de Schütz, on peut retenir schématiquement :

-  Pour Schütz, « Les objets de pensée, construits par les chercheurs en sciences sociales se fondent sur les objets de pensée construits par la pensée courante de l’homme menant sa vie quotidienne parmi ses semblables et s’y référant. Ainsi, les constructions utilisées par le chercheur en sciences sociales sont, pour ainsi dire, des constructions au deuxième degré, notamment des constructions de constructions édifiées par les acteurs sur la scène sociale dont l’homme de science observe le comportement et essaie de l’expliquer tout en respectant les règles de procédure de sa science ».

-  À la base de la connaissance savante du monde social, il y a donc sa connaissance ordinaire : « Toute interprétation de ce monde est basée sur une réserve d’expériences préalables, les nôtres propres ou celles que nous ont transmises nos parents ou nos professeurs ; ces expériences, sous forme de "connaissances disponibles", fonctionnent comme "schèmes de référence", au sein d’un stock de connaissances disponibles ».

-  Cette connaissance commune se manifeste par sa typicalité : « ce qui est expérimenté dans la perception actuelle d’un objet est transféré (...) sur tout autre objet similaire, perçu seulement quant à son type ». Les acteurs se livrent donc, notamment à travers le langage qu’ils ont hérité des générations antérieures, à une activité de typification du monde social. « Lorsque je glisse une lettre dans la boîte, je m’attends à ce que des gens inconnus, appelés employés postaux, agissent de manière typique, qui m’échappe d’ailleurs en partie, obtenant comme résultat que ma lettre va atteindre le destinataire dans un temps typique raisonnable ».

-  Le monde que vise la connaissance quotidienne est d’emblée un monde intersubjectif et culturel, parce qu’il n’est pas seulement le mien mais celui d’autres hommes, dont ceux qui m’ont précédé, et qu’il est constitué de significations qui se sont sédimentées à travers l’histoire des sociétés humaines.

-  Ni du côté des acteurs, ni du côté du monde social auquel ils participent, il n’y a homogénéité : 1°) le stock de connaissances disponibles n’est pas le même pour chaque acteur : il y a « distribution sociale de la connaissance », liée à la situation biographiquement déterminée de chacun » ; et 2°) le monde de la vie quotidienne est structuré en « diverses couches de réalité », en réalités multiples.

-  La notion centrale d’action est prise par Schütz « au sens de la conduite humaine, en tant que prévue à l’avance par son acteur, c’est-à-dire la conduite basée sur un projet pré-conçu » ; à la notion de projet, orientée vers le futur, sont associées celles de conscience et de motifs.

-  Enfin, Schütz différencie la connaissance savante du monde social propre au sociologue et la connaissance ordinaire, sur laquelle elle prend appui. Le chercheur en sciences sociales qui observe le monde social est guidé par un système de pertinences différent de celui de l’acteur qui prend part directement part à l’action (ce qui est pertinent pour l’un ne l’est pas nécessairement pour l’autre) ; le savant, qui veut connaître et non agir dans la situation observée, est amené à se détacher d’elle et à puiser, pour ce faire, dans le stock de connaissances disponibles propre à sa discipline scientifique (son corpus de règles de procédures, de méthodes, de techniques, de concepts et de modèles).

Pour finir sur quelques critiques adressées à la sociologie phénoménologigue de Schütz, on doit noter certains problèmes, et en particulier le risque de se focaliser trop exclusivement sur l’acteur individuel, sa conscience et ses projets dans l’interprétation du monde social comme la tentation de réduire tout le champ des sciences sociales à une construction du second degré.



Imprimer au format PDF






Sociotoile Panoptique Syndication Admin Liste de diffusion Revoir le logo (?!)
Cette page a été « uzinée » parSPIPlogiciel libre sous licenceGNU / GPL [ PHP / MySQL ]
Squelettes réalisés par edn- Un grand merci à lui !
Coordonnées de ce bout de web :

Déplier