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  Brèves notes sur la première partie du livre où Weber interroge le métier de savant et son utilité, dans un monde de plus en plus "désenchanté".


Max Weber - Le métier et la vocation de savant

Le savant et le politique, Plon, Paris, 1959


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Préambule

Brèves notes sur la première partie du livre où Weber interroge le métier de savant et son utilité, dans un monde de plus en plus « désenchanté ».

Les qualités du savant

Weber identifie 3 qualités indispensables et complémentaires :
-  la passion
-  l’inspiration
-  le travail

La passion est une condition préalable à l’inspiration et celle-ci ne peut venir qu’après un travail acharné (mais il ne la garantit pas nécessairement).

Une science en devenir

La science demande de la part du savant un investissement comparable à celui de l’art mais, à la différence de ce dernier, elle est par nature inachevée en ce sens qu’elle est inséparable d’un progrès : toute oeuvre n’a d’utilité que si elle constitue l’amorce de nouveaux questionnements. Elle est donc vouée au viellissement :« Notre but à nous tous est de nous voir un jour dépassés. »

Le désenchantement du monde

Le progrès s’inscrit dans un processus d’intellectualisation général qui n’a de cesse de s’intensifier éclipsant progressivement une explication de type magico-mythique du monde. La croyance que nos actions sont guidées par des entités surnaturelles décline au profit d’une vision rationnelle axée sur la maîtrise des choses via la technique et la prévision. Il en résulte un désenchantement du monde, monde dans lequel, comme l’a très bien montré Tolstoi, la mort, parce qu’elle met un terme à la vie censée se déployer vers un progrès infini, ne peut être appréhendée que comme un non-sens.

Dans ce monde désenchanté, le savant n’a pas vocation à nous conduire vers la « lumière », l’« être véritable », à la manière du philosophe dans le mythe platonicien de la caverne, pas plus qu’au bonheur ou au divin. Plus personne ne peut adopter cette attitude prophétique surtout après la critique dévastatrice de Nietzsche.

Pas de science sans présupposés

La science présuppose toujours un jugement de valeur sur la valeur de la science. En d’autres termes, le respect pour les valeurs scientifiques vaut en lui-même et ne peut être démontré scientifiquement. De même qu’elle ne peut justifier son intérêt pour tel ou tel sujet. Il n’est pas possible d’apporter une réponse scientifique à une question du type : « les oeuvres d’art méritent-elles d’exister ? »

La science ne doit pas se faire le vecteur d’opinions politiques

-  Raisons pratiques : le prof et ses étudiants sont engagés dans un rapport inégalitaire. Il est malhonnête de sa part de profiter de son ascendant pour diffuser ses idées politiques. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut pas s’engager du tout mais il peut le faire uniquement en tant que citoyen dans un contexte spécifique, au cours d’une réunion publique où on parle de démocratie par exemple, dans la presse, dans des lieux associatifs, bref, partout sauf en salle de cours où il doit au contraire laisser toute latitude aux étudiants pour leur permettre de se construire leurs propres opinions.

-  Raison théorique : l’impossibilité de justifier scientifiquement ses valeurs personnelles. Le professeur d’université ne peut trancher dans le combat que se livrent les Dieux. Face au polythéisme des valeurs, il n’est pas en mesure de pencher, scientifiquement parlant, en faveur, par exemple, de la culture française ou de la culture allemande.

Le sens de la science en tant que vocation

Si la science n’ouvre pas la voie au bonheur, si elle ne peut se mettre au service de telle ou telle idée, de telle ou telle valeur, quel est donc son apport positif ? Elle contribue à une oeuvre de clarté, nous dit Weber. Elle permet à l’individu de mieux cerner la portée de ses actions, « à se rendre compte du sens ultime de ses propres actes ». Lorsque le professeur arrive à un tel résultat, il se met au service des « puissances morales ».



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